https://cpdhaiti.org/wp-content/uploads/2025/11/Note-sur-la-satisfaction-des-PDIs-2025.pdf
Port-au-Prince : Les déplacés internes dénoncent une aide humanitaire insuffisante
Port-au-Prince, 22 Novembre 2025 — Des milliers de familles vivent encore dans des camps de fortune à Port-au-Prince, quatre ans après l’aggravation de la crise sécuritaire. Plus d’un million et demi de personnes ont été forcées de quitter leurs domiciles dont 80% abritées dans des camps. Ainsi, une enquête du Combite pour la Paix et le Développement (CPD), réalisée avec le soutien du Fonds Humanitaire Régional pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (RHPF LAC-Haïti), révèle un profond sentiment d’abandon parmi les personnes déplacées internes (PDI).

L’étude, menée durant la mi-2025 auprès de 200 déplacés répartis dans 10 camps, met en lumière des conditions de vie alarmantes et un accès limité aux services essentiels.
Des besoins vitaux toujours non couverts
Selon les résultats, l’eau, la nourriture et l’assainissement restent les besoins les plus urgents.
Si 83 % des répondants reconnaissent avoir bénéficié d’un soutien psychosocial et 73 % d’un accès à l’information, la majorité affirme ne pas disposer régulièrement d’eau potable ni de toilettes adéquates.
“Les latrines ne sont pas adaptées aux femmes ni aux personnes handicapées. On a peur la nuit”, témoigne une résidente du camp logé au local de l’OPC à Bourdon.
La sécurité est particulièrement préoccupante : seuls 37 % des participants estiment que leur camp est sûr.
Femmes et personnes vulnérables en première ligne
L’étude révèle que 68 % des déplacés interrogés sont des femmes, dont plusieurs cheffes de ménage. Parmi elles, 12 % déclarent avoir subi des violences, 5 % sont enceintes et 5 % allaitantes.
Les personnes âgées (16 %) et handicapées (17 %) figurent également parmi les plus négligées dans la réponse humanitaire.
Une aide jugée irrégulière et inadaptée
Moins d’un quart des déplacés se disent satisfaits des services reçus. Les principales critiques portent sur la qualité des produits alimentaires, le manque d’hygiène des installations et les retards dans l’accès aux soins. Beaucoup dénoncent une aide ponctuelle et malcoordonnée, souvent inadaptée aux besoins réels.
Respect et équité encore fragiles
Si la moitié des répondants affirment être traités avec respect, les femmes et les personnes handicapées continuent de subir des discriminations dans l’accès à l’aide. Seulement 21 % connaissent l’existence d’un mécanisme de plainte, et 23 % disent avoir reçu une réponse satisfaisante après avoir signalé un problème.
Un appel à une aide plus humaine et inclusive
Le CPD appelle à une réponse humanitaire plus cohérente et équitable :
- Renforcer l’accès à l’eau, la nourriture et les soins ;
- Rendre les mécanismes de plainte accessibles et confidentiels ;
- Intégrer les besoins des femmes, des personnes âgées et handicapées ;
- Impliquer davantage les déplacés dans la planification et l’évaluation des actions.
“L’aide humanitaire doit redonner dignité et espoir, pas seulement fournir des biens de première nécessité”, souligne un représentant du CPD.
Un cri d’alerte
Malgré les efforts de plusieurs organisations, les besoins essentiels des déplacés internes restent largement insatisfaits. À Port-au-Prince, l’urgence humanitaire perdure, et les familles déplacées continuent d’attendre une réponse durable, humaine et respectueuse de leur dignité.
Fritznel PIERRE
Directeur Exécutif
+509 37 34 92 87
